Germain Sommeiller : au crépuscule de ma vie

il était une fois un saint-jeoirien de talent

Doté de notables capacités intellectuelles et d’un caractère affirmé, Germain Sommeiller a marqué de son empreinte l’histoire de son temps. Acteur majeur du percement du premier grand tunnel alpin, il a œuvré toute sa vie au service du progrès scientifique et social.

Ce circuit vous invite à découvrir le parcours exceptionnel d’un modeste Saint-Jeoirien, profondément attaché à ses racines,  devenu un ingénieur de renom et un homme politique engagé.

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Germain Sommeiller

AU CRÉPUSCULE DE MA VIE…

" Sommeiller, fils de ses œuvres,
est tombé sur le champ de bataille du travail, quelques jours après la victoire !
Il ne s'est reposé que dans la tombe. "
Camille Dunand, Président de la Société Florimontane

Mon cœur réside des deux côtés des Alpes

Au cours de ma vie, je n’ai vécu que quelques années à Saint-Jeoire. Mes études puis mon métier d’ingénieur et mon engagement politique m’ont conduit à m’établir à Turin. Turin, capitale du Royaume du Piémont-Sardaigne, qui résonne en moi comme la ville de tant de rencontres et de défis ! En avril 1860, la Savoie est rattachée à la France. Pour ma part, je décide de conserver la nationalité sarde.

Ne croyez pas pour autant que j’ai oublié mes racines. C’est à Saint-Jeoire que je suis né et que j’ai grandi dans une famille modeste et aimante.  C’est dans cet écrin de verdure que j’ai appris à marcher, à observer les montagnes, à lire, à écrire, à compter… à vivre tout simplement avec mes joies et mes peines.

La maison de mon dernier souffle...

 J’ai passé les derniers instants de ma vie dans la maison située devant vous. Je l’ai acquise en juillet 1860, au lendemain du rattachement de la Savoie à la France. 

En décembre 1870, l’achèvement du tunnel du Mont Cenis avait fait de moi un ingénieur de renom. Toutefois, ces nombreuses années de travaux m’avaient épuisé. Je souffrais de problèmes respiratoires et cardiaques. À Saint-Jeoire, loin du tumulte de la vie turinoise, j’espérais me reposer suffisamment pour retrouver un peu de vitalité. Malheureusement, le 11 juillet 1871 à 13h10, je décède dans mon jardin, installé dans un fauteuil que mon neveu m’avait apporté.

 

J’ai acheté cette belle propriété avec cour, jardin et dépendance à l’avocat Joseph-Marie Dumont.  

En 1913, cette maison est vendue à Jules Béné . Elle servira de relais de diligence puis deviendra l’hôtel des Alpes. Aujourd’hui, ce bâtiment comporte plusieurs logements individuels.

Ma dernière demeure

Ma sépulture a lieu le 14 juillet 1871 en terre nouvellement républicaine. Tout un symbole pour un amoureux de la liberté ! Conformément à mes volontés,  je suis inhumé à La Tour, à quelques kilomètres d’ici. Mon corps repose dans la chapelle funéraire du domaine de Bonnatrait, propriété de mon beau-frère Léandre Dufresne, mari de ma sœur Apollonie. Tous deux reposent à mes côtés ainsi que leurs enfants Marie-Louise, Paul et Germain. 

J’ai quitté ce monde à l’âge de 56 ans laissant derrière moi un héritage non négligeable. Il en résulte une œuvre louable :  la création d’un hospice spécialisé dans l’accueil des agriculteurs du canton de Saint-Jeoire. Situé à La Tour au hameau de Bonnatrait, cet établissement est aujourd’hui l’hôpital départemental Dufresne-Sommeiller. 

7 sites à découvrir

Archives départementales de la Haute-Savoie, fonds Société Florimontane, n°559

Archives privées Jeanne Rey-Millet.