L’automne est là ! Durant cette saison aux jolies notes de brun et d’orange, quoi de mieux que de déguster quelques biscuits, confortablement installés dans son salon, chez soi ou entre amis ? A Paysalp, nos collections regorgent d’objets liés à cet esprit de douceur et de confort. C’est par exemple le cas de notre objet du mois, venant réveiller l’esprit automnal : la boîte à biscuits Brun.
Le biscuit trouve ses origines dans l’Antiquité. En Egypte, sa création est purement fonctionnelle et pratique : il s’agissait de pouvoir conserver le pain plus longtemps, à l’occasion de voyages qui pouvaient durer. Les Grecs, Romains et Egyptiens ajoutaient parfois du miel ou des fruits secs sur des galettes de pain qui étaient ensuite cuites une seconde fois, afin d’en retirer toute l’humidité.
Aussi, le mot « biscuit » provient du latin bis coctus, qui signifie « cuit deux fois ». Un autre avantage de cet aliment est qu’il ne moisit pas en milieu humide. Il était donc fréquent que les soldats et marins le dégustent à bord des bateaux sous l’Ancien régime et au Moyen-Age.
Durant la Renaissance, l’usage du four se développe et le biscuit, en tant que friandise gourmande, prend son envol. On y ajoute notamment des épices telles que la cannelle, ou du sucre venu d’Orient.
Du XVIIe au XIXe siècle, le biscuit devient un produit de raffinement, nous sommes alors en plein essor de la pâtisserie.
L’entreprise Brun est fondée à Grenoble en 1885 par Pierre-Félix Brun, négociant en grains. Une année plus tard, en 1886, le couple nantais Lefèvre-Utile (dont les initiales « LU » ont été reprises pour la fondation de leur pâtisserie) crée le petit Beurre, pensé comme un calendrier comestible. Véritable allégorie du temps, ses quatre bords font écho aux quatre saisons. Le biscuit possède cinquante-deux dents, symbolisant les cinquante-deux semaines de l’année. La taille d’origine était de sept centimètres pour correspondre aux sept jours de la semaine ; il y a douze biscuits dans chaque paquet, faisant écho aux douze mois de l’année. Enfin, le Petit Beurre est perforé de vingt-quatre trous, pour les vingt-quatre heures de la journée.
L’idée était ainsi de concevoir un biscuit pouvant être dégusté chaque jour, à toute heure de la journée, durant toute l’année. Bien que tout ceci soit anecdotique, le biscuit thé Brun que l’on connait possède une forme similaire au Petit Beurre de Lu, mais n’a pas été pensé autour d’un tel symbolisme. Aussi, son nombre de « dents » ne correspond pas au clin d’œil poétique du Petit Beurre.
L’entreprise Brun se structure réellement en 1914, pour faire face à la forte demande, et devient l’un des fournisseurs officiels de l’armée durant la Première guerre mondiale. Des millions de « biscuits du soldat » ou « pains de guerre » ont ainsi servi de ration alimentaire essentielle aux Poilus, et se trouvaient être un aliment bien plus calorique et épais que le biscuit thé Brun que l’on connait aujourd’hui.
En 1918, alors que le conflit prend fin, l’entreprise Brun anticipe la baisse de commandes. Elle diversifie alors sa production et crée en 1922 les fameux biscuits Petit Brun et Thé Brun, tous deux plus fins que leurs prédécesseurs, afin de s’adapter à la clientèle civile.
Figure 2 : Intérieur de la boîte FRH 2001.801.1 ©C.Debayle
La boîte de biscuits Brun figurant sur cet article fait partie du fonds Hermann, collection départementale gérée par Paysalp. Si elle est aujourd’hui vide et usée par le passage des années, son contenu a peut-être été, en son temps, dégusté durant une douce journée d’automne, sur une terrasse, autour d’un café. Pour certains, ces gourmandises représentent une véritable madeleine de Proust. A Paysalp, les collections sont remplies de douceurs d’antan, à découvrir ou redécouvrir. Toutefois, il est impossible d’assurer la possibilité de vous offrir un biscuit lors de votre passage ! Il semble en effet que notre boîte soit vide depuis un long moment déjà.

